Chanson anti-guerre par excellence,
elle fait référence à la « butte Bapaume », un lieu-dit inhabité dans les
environs de
Berzieux,
et à un triste épisode de la
bataille de la Somme.
On l'identifie souvent à toutes les
répressions anti-ouvrières. Le contraste entre la valse lente de sa
musique et les paroles est remarquable. Chanson du répertoire de Montéhus,
il ne reste aujourd'hui qu'un enregistrement commercial d'époque chanté
par Francis Marty.
Elle a été reprise par de nombreux
chanteurs ou groupes, dont :
Yves Montand,Claude Vinci,
Marc Ogeret, Renaud, dans Le P'tit Bal du samedi soir et
autres chansons réalistes, Les Motivés,
Docteur Merlin,
Serge Utgé-Royo, Gérard
Gorsse,Zebda
Elle apparaît également de façon
anachronique dans le Van Gogh de Maurice Pialat.
Chant des partisans
Extrait d'un
article de Wikipédia, l'encyclopédie libre
********
Le chant des partisans a été créé pendant la seconde guerre mondiale
(1943).Les paroles sont de Joseph Kessel et de Maurice Druon .La musique
est composé par Anna Marly.
L’idée et l’ébauche de la mélodie du Chant des Partisans sont de
la chanteuse et compositrice
Anna Marly qui le reprit en 1943 à Londres, car celui-ci existait
déjà au moment des périodes de soulèvements bolchéviques en Russie.
Ainsi donc, elle composa la musique et les paroles originales dans sa
langue maternelle, le russe. Puis
Joseph Kessel et son neveu,
Maurice Druon, tous deux auteurs ayant quitté la France pour
rejoindre l’Angleterre et les
Forces françaises libres du
Général de Gaulle, et futurs académiciens, récrivirent les paroles,
ayant proposé la variante française du texte le 30 mai.
Devenu l’indicatif de l’émission de la radio britannique BBC "Honneur et
Patrie", puis comme signe de reconnaissance dans les maquis, "Le Chant
des Partisans" était devenu un succès mondial. On avait choisi de
siffler ce chant, car la mélodie sifflée restait audible malgré le
brouillage de la BBC effectué par les Allemands.
C’est la sœur de
Jean Sablon,
Germaine, qui l’amena à sa forme finale et en fit un succès.
Largué par la
Royal Air Force sur la France occupée, et écouté clandestinement, ce
succès se répandit immédiatement tant en France qu’ailleurs dans les
milieux de la Résistance et des
Forces Françaises de l’Intérieur. Il se prolongea dans de nombreuses
interprétations ultérieures dont celle d’Yves
Montand est la plus célèbre.
Ami entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines.
Ami entends-tu
Les cris sourds du pays
Qu'on enchaîne,
Ohé partisans
Ouvriers et paysans
C'est l'alarme!
Ce soir l'ennemi
Connaîtra le prix du sang
Et des larmes…
Montez de la mine,
Descendez des collines,
Camarades.
Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé! les tueurs
A la balle et au couteau
Tuez vite!
Ohé! saboteurs
Attention à ton fardeau…
Dynamite…
C'est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères.
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse,
La misère.
Il y a des pays
Où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous vois-tu
Nous on marche et nous on tue
Nous on crève…
Ici, chacun sait
Ce qu'il veut, ce qu'il fait
Quand il passe
Ami, si tu tombes,
Un ami sort de l'ombre
A ta place.
Demain du sang noir
Séchera au grand soleil
Sur les routes.
Chantez compagnons,
Dans la nuit, la liberté
Nous écoute…
Ami, entends-tu
Les cris sourds du pays qu'on
Enchaîne!…
Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux sur nos Plaines !…
Celui qui
croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda
ans
la neige du monde, dans l'hiver blanc, il porte
Des taches rouges où la colère s'élargit ;
Eustache de Saint-Pierre tendait les clefs des portes
Cinquante fils la mort les prit,
***
C
inquante
qui chantaient dans l'échoppe et sur la plaine,
Cinquante sans méfaits, ils étaient fils de chez nous,
Cinquante aux regards plus droits dans les yeux de la haine
S'affaissèrent sur les genoux
***
C
inquante
autres encore, notre Loire sanglante
Et Bordeaux pleure, et la France est droite dans son deuil
Le ciel est vert, ses enfants criblés qui toujours chantent
Le Dieu des justes les accueille
***
I
ls
ressusciteront vêtus de feu dans nos écoles
Arrachés aux bras de leurs enfants ils entendront
Avec la guerre, l'exil et la fausse parole
D'autres enfants dire leurs noms
***
A
lors
ils renaîtront à la fin de ce calvaire
Malgré l'Octobre vert qui vit cent corps se plier
Aux côtés de la Jeanne au visage de fer
Née de leur sang de fusillés.
Poème publié en janvier 1942 dans le n° 3 de la revue
suisse Traits
Comme un chant pour l'Escale
Edouard MEUNIER
********
L'Escale village martyre
L'Avis
Paul
ELUARD
********
Ce poème évoque le martyre de Gabriel Péri
Paul ELUARD Gabriel
PERI
"L'Avis"
La nuit qui précéda sa mort
Fut la plus courte de sa vie
L'idée qu'il existait encore
Lui brûlait le sang aux poignets
Le poids de son corps l'écœurait
Sa force le faisait gémir
C'est tout au fond de cette horreur
Qu'il a commencé à sourire
Il n'avait pas UN camarade
Mais des millions et des millions
Pour le venger il le savait
Et le jour se leva pour lui.
Paul Eluard (1942)
Le Chant des Marais
Ce chant est né, vers les années 1933, au camp de concentration de
Bögermoor où les nazis enfermaient les premiers résistants allemands.
Il est ensuite devenu pour les déportés des autres pays, l’hymne de
l’espoir et pour tous, de la mémoire des crimes contre l’Humanité.
Loin dans
l’infini s’étendent Les grands prés marécageux Pas un seul oiseau ne chante Dans les arbres secs et creux
Refrain O terre de détresse Où nous devons sans cesse Piocher, piocher ! (bis)
Bruits de
chaînes, bruits des armes Sentinelles jour et nuit Des cris, des pleurs et des larmes, La mort pour celui qui fuit
Mais un jour,
dans notre vie, Le printemps refleurira. Libre alors, ô ma Patrie, Je dirai : tu es à moi !
O terre
d’allégresse Où nous pourrons sans cesse
Aimer, aimer !
Le Chant des marais (Interprétation combative)
Paul ELUARD Gabriel
PERI
Gabriel
Péri
Paul
ELUARD
**********
Un homme est mort
Un
homme est mort qui n'avait pour défense
Que
ses bras ouverts à la vie
Un
homme est mort qui n'avait d'autre route
Que
celle où l'on hait les fusils
Un
homme est mort qui continue la lutte
Contre
la mort contre l'oubli
*****
Car
tout ce qu'il voulait
Nous
le voulions aussi
Nous
le voulons aujourd'hui
Que
le bonheur soit la lumière
Au
fond des yeux au fond du coeur
Et
la justice sur la terre
*****
Il
y a des mots qui font vivre
Et
ce sont des mots innocents
Le
mot chaleur le mot confiance
Amour
justice et le mot liberté
Le
mot enfant et le mot gentillesse
Et
certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le
mot courage et le mot découvrir
Et
le mot frère et le mot camarade
Et
certains noms de pays de villages
Et
certains noms de femmes et d'amies
Ajoutons-y
Péri
Péri
est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le
sa poitrine est trouée
Mais
grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous
son espoir est vivant.
LIBERTE
Paul ELUARD
***********
Liberté
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté.
- 1942 -
Ce poème provient du recueil intitulé " Poésie et vérité
42 "
COMPLAINTE DU PARTISAN
Emmanuel d'Astier de La Vigerie
***********
La complainte du partisan
COMPLAINTE DU
PARTISAN
Les
Allemands étaient chez moi On m'a dit résigne toi Mais je n'ai pas pu Et j'ai repris mon arme.
Personne ne m'a demandé D'où je viens et où je vais Vous qui le savez Effacez mon passage.
J'ai changé cent fois de nom J'ai perdu femme et enfants Mais j'ai tant d'amis Et j'ai la France entière.
Un
vieil homme dans un grenier Pour la nuit nous a cachés Les Allemands l'ont pris Il est mort sans surprise.
Hier encore nous étions trois Il ne reste plus que moi Et je tourne en rond Dans la prison des frontières.
Le
vent souffle sur les tombes La liberté reviendra On nous oubliera Nous rentrerons dans l'ombre.
Emmanuel d'Astier de La Vigerie
Ce
cœur qui haïssait la guerre
Robert DESNOS
***********
Ce cœur qui haïssait la guerre
voilà qu'il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons,
à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines
un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la
campagne
Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat.
Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c'est le bruit d'autres cœurs, de millions d'autres cœurs
battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l'ombre
à la besogne que l'aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté
au rythme même des saisons et des marées,
du jour et de la nuit.
Ils
disaient tous Ma France ou la France éternelle
Et chacun te prenait un peu de plume à l'aile
Mais quand l'ennemi arriva
Les guérites étaient là
Mais plus les sentinelles
Ils
disaient tous Ma France ou la France éternelle
Moi je t'aimais et je ne disais rien,
Je n'avais pas seize ans, France, tu t'en souviens
Ils disaient tous ma France ou la France éternelle
Je n'ai
rien dit, moi, j'étais trop enfant
J'ai pris le fusil de la sentinelle
Et puis c'est fini maintenant
France, pardonne-moi si je te le rappelle
Je me sens si seul par moment.
Claude, si la guerre incertaine
Un de ces beaux matins m'emmène
Les pieds devant,
N'écris pas mon nom sur la terre
Je souhaite que ma poussière
S'envole au vent.
Pas d'étendard avec ma chiffe
Que l'officiel et le pontife
Taisent leur bec;
Vous-mêmes, ce matin d'épreuve,
Mes trois enfants, et toi ma veuve
Gardez l'oeil sec.
Pas un regret ne m'importune.
Je suis content de ma fortune.
J'ai bien vécu.
Un homme qui s'est rempli l'âme
De trois enfants et d'une femme
Peut mourir nu.
Veux-tu que mon ombre s'égaie
Qu'un canot à double pagaie
Porte mon nom,
Qu'il ait un mât, voile latine,
Le nez léger, l'humeur marine
Et le flanc blond.
Tu sais comment j'aimais la vie.
Je détestais la jalousie
Et le tourment.
Si les morts ont droit aux étrennes
Je veux qu'au bout de l'an tu prennes
Un autre amant.
(en mer, 12 juin 1940)
tiré de "derniers poèmes"
aux éditions Gallimard
Oradour
Jean Tardieu
***********
Oradour
Oradour n'a plus de femmes
Oradour n'a plus un homme
Oradour n'a plus de feuilles
Oradour n'a plus de pierres
Oradour n'a plus d'église
Oradour n'a plus d'enfants
*****
Plus de fumée plus de rires
Plus de toîts plus de greniers
Plus de meules plus d'amour
Plus de vin plus de chansons.
*****
Oradour, j'ai peur d'entendre
Oradour, je n'ose pas
Approcher de tes blessures
De ton sang de tes ruines,
je ne peux je ne peux pas
Voir ni entendre ton nom.
*****
Oradour je crie et hurle
Chaquefois qu'un coeur éclate
Sous les coups des assassins
Une tête épouvantée
Deux yeux larges deux yeux rouges
Deux yeux graves deux yeux grands
Comme la nuit la folie
Deux yeux de petits enfants:
Ils ne me quitteront pas.
*****
Oradour je n'ose plus
Lire ou prononcer ton nom.
*****
Oradour honte des hommes
Oradour honte éternelle
Nos coeurs ne s'apaiseront
Que par la pire vengeance
Haine et honte pour toujours.
*****
Oradour n'a plus de forme
Oradour, femmes ni hommes
Oradour n'a plus d'enfants
Oradour n'a plus de feuilles
Oradour n'a plus d'église
Plus de fumées plus de filles
Plus de soirs ni de matins
Plus de pleurs ni de chansons.
*****
Oradour n'est plus qu'un cri
Et c'est bien la pire offense
Au village qui vivait
Et c'est bien la pire honte
Que de n'être plus qu'un cri,
Nom de la haine des hommes
Nom de la honte des hommes
Le nom de notre vengeance
Qu'à travers toutes nos terres
On écoute en frissonnant,
Une bouche sans personne,
Qui hurle pour tous les temps.
Vous aviez vos portraits sur les murs de
nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes
menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont
difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les
passants
Nul ne semblait vous voir Français de
préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le
jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts
errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR
LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient
différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers
moments
Et c’est alors que l’un de vous dit
calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont
survivre
Je meurs sans haine en moi pour le
peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les
roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi
souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des
choses
Quand tout sera fini plus tard en Erevan
Un grand soleil d’hiver éclaire la
colline
Que la nature est belle et que le cœur
me fend
La justice viendra sur nos pas
triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un
enfant
Ils étaient vingt et trois quand les
fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur
avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères
pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en
mourir
Vingt et trois qui criaient la France en
s’abattant
Les fusillés de
Châteaubriant René-Guy
Cadou
********
**********
Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d'étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d'amour
Ils n'ont pas de recommandations à se faire
Parce qu'ils ne se quitteront jamais plus
L'un d'eux pense à un petit village
Où il allait à l'école
Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au-dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir
Il y a entre eux la différence du martyre
Parce que le vent est passé là ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n'entendent pas
Le bruit énorme des paroles
Ils sont exacts au rendez-vous
Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu'ils ne sont pas des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque toute liberté se survit.
Source :
René-Guy Cadou, Les fusillés de Châteaubriant in Pierre Seghers (1974),
La Résistance et ses poètes (France 1940-1945) , Seghers, Paris, p.
435.
Poème publié initialement dans
Pleine Poitrine, en 1945.
Ballade
de celui qui chanta sous les supplices
Louis ARAGON
********
Le 14 juillet 1943, Louis Aragon
publie la Ballade de celui qui chanta sous les supplices,
en hommage aux résistants fusillés, dans une
anthologie clandestine, intitulée L'honneur des poètes (Éditions de
minuit) qui rassemble divers textes d'Aragon, de Desnos, d'Éluard...
Poèmes - Ballade de
celui qui chanta dans les supplices -
Hommage à
Jean-Pierre Thimbaud
Fusain de Boris Taslitzky
réalisé dans la clandestinité
en octobre 1941
Louis ARAGON (1943)
Et s'il était à
refaire
Je referais ce chemin
Une voix monte des fers
Et parle des lendemains
On dit que dans sa cellule
Deux hommes cette nuit-là
Lui murmuraient "Capitule
De cette vie es-tu las
Tu peux vivre tu peux vivre
Tu peux vivre comme nous
Dis le mot qui te délivre
Et tu peux vivre à genoux"
Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle pour les lendemains
Rien qu'un mot la porte cède
S'ouvre et tu sors Rien qu'un mot
Le bourreau se dépossède
Sésame Finis tes maux
Rien qu'un mot rien qu'un mensonge
Pour transformer ton destin
Songe songe songe songe
A la douceur des matins
Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle aux hommes de demain
J'ai tout dit ce qu'on peut dire
L'exemple du Roi Henri
Un cheval pour mon empire
Une messe pour Paris
Rien à faire Alors qu'ils partent
Sur lui retombe son sang
C'était son unique carte
Périsse cet innocent
Et si c'était à refaire
Referait-il ce chemin
La voix qui monte des fers
Dit je le ferai demain
Je meurs et France demeure
Mon amour et mon refus
O mes amis si je meurs
Vous saurez pour quoi ce fut
Ils sont venus pour le prendre
Ils parlent en allemand
L'un traduit Veux-tu te rendre
Il répète calmement
Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
Sous vos coups chargés de fers
Que chantent les lendemains
Il chantait lui sous les balles
Des mots sanglant est levé
D'une seconde rafale
Il a fallu l'achever
Une autre chanson française
A ses lèvres est montée
Finissant la Marseillaise
Pour toute l'humanité
Les abeilles
Jean PAULHAN
********
Et je sais qu’il y en a qui disent : ils sont morts
pour peu de chose. Un simple renseignement (pas
toujours très précis) ne valait pas ça, ni un tract,
ni même un journal clandestin (parfois assez mal
composé).
A ceux-là il faut répondre : « C’est qu’ils étaient
du côté de la vie. C’est qu’ils aimaient des choses
aussi insignifiantes qu’une chanson, un claquement
des doigts, un sourire. Tu peux serrer dans ta main
une abeille jusqu’à ce qu’elle étouffe. Elle
n’étouffera pas sans t’avoir piqué. C’est peu de
chose, dis-tu. Oui, c’est peu de chose. Mais si elle
ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait
plus d’abeilles. »
Jean Paulhan
« L’abeille », texte
signé "Juste", paru dans Les cahiers de
Libération en février 1944
Sœurs
d'espérance et autres poèmes
P
aul
ELUARD
********
Je
Trahirai Demain -
Marianne COHN
********
D'origine allemande, elle était membre de la
Résistance Juive, elle sauva des enfants par des
placements dans des familles françaises ou par le
passage vers la Suisse. Elle était membre des
Eclaireurs Israélites de France. Ce poème témoigne
de son courage et de sa volonté de sauver les juifs
des mains de la Gestapo.
Je trahirai demain, pas aujourd'hui
Aujourd'hui, arrachez-moi les ongles
Je ne trahirai pas !
Vous ne savez pas le bout de mon courage.
Moi, je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures avec des clous.
Je trahirai demain. Pas aujourd'hui,
Demain.
Il me faut la nuit pour me résoudre.
Il ne me faut pas moins d'une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.
Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin,
Pour trahir la vie,
Pour mourir.
Je trahirai demain. Pas aujourd'hui-
La lime est sous le carreau,
La lime n'est pas pour le bourreau,
La lime n'est pas pour le barreau,
La lime est pour mon poignet.
Aujourd'hui, je n'ai rien à dire.
Je trahirai demain
Poèmes -
Ravensbruck
René-Guy Cadou
Pierre Seghers
********
Monument en hommage des déportées de
Ravensbruck
au Père Lachaiseà
Paris
A Ravensbruck en Allemagne
On torture on brûle les femmes
On leur a coupé les cheveux
Qui donnaient la lumière au monde
On les a couvertes de honte
Mais leur amour vaut ce qu'il veut
La nuit le gel tombe sur elles
La main qui porte son couteau
Elles voient des amis fidèles
Cachés dans les plis du drapeau
Elles voient Le bourreau qui veille
A peur soudain de ces regards
Elles sont loin dans le soleil
Et ont espoir en notre espoir
René-Guy Cadou
Pierre Seghers
La Résistance et ses poètes
Editions Seghers Paris 1974
Anna Marly
Anna MarlyChevalier
de l'Ordre du Mérite et de deux Ordres de la Légion
d'Honneur.
********
Courage
Paris est à nous
Octobre
Pierre
Seghers, en hommage aux otages exécutés par l'occupant nazi.
********
Monument érigé à la Sablière en hommage aux fusillés de
Châteaubriant.
Source : Amicale de Châteaubriant - Voves-Rouillé
Le vent qui pousse les colonnes de feuilles mortes
Octobre, quand la vendange est faite dans le sang
Le vois-tu avec ses fumées, ses feux, qui emporte
Le massacre des Innocents
Dans la neige du monde, dans l'hiver blanc, il porte
Des taches rouges où la colère s'élargit ;
Eustache de Saint-Pierre tendait les clefs des portes
Cinquante fils la mort les prit,
Cinquante qui chantaient dans l'échoppe et sur la plaine,
Cinquante sans méfaits, ils étaient fils de chez nous,
Cinquante aux regards plus droits dans les yeux de la haine
S'affaissèrent sur les genoux
Cinquante autres encore, notre Loire sanglante
Et Bordeaux pleure, et la France est droite dans son deuil
Le ciel est vert, ses enfants criblés qui toujours chantent
Le Dieu des justes les accueille
Ils ressusciteront vêtus de feu dans nos écoles
Arrachés aux bras de leurs enfants ils entendront
Avec la guerre, l'exil et la fausse parole
D'autres enfants dire leurs noms
Alors ils renaîtront à la fin de ce calvaire
Malgré l'Octobre vert qui vit cent corps se plier
Aux côtés de la Jeanne au visage de fer
Née de leur sang de fusillés.
Pierre Seghers, décembre 1941.
Poème publié en janvier 1942 dans le n° 3 de la revue suisse Traits.
Ils se sont enfuis dans la nuit
Pour ne pas aller en Allemagne
Quittant leurs parents, leurs amis
Se cachant dans la montagne
Et pour mieux servir le pays
Ils ont pris le maquis
Ce sont ceux du maquis
Ceux de la Résistance
Ce sont ceux du maquis
Combattant pour la France
Bravant le froid, bravant la faim
Défiant l'horrible esclavage
Bravant Laval, bravant ses chiens
Sans jamais perdre courage
{Refrain:}
Ce sont ceux du maquis
Ceux de la Résistance
Ce sont ceux du maquis
Jeunesse du pays
Ils ont bravé tous les périls
Dans leur âpre lutte secrète
Sans souliers, sans pain, sans fusil
Descendant de leur retraite
Souffrant et luttant jour et nuit
Nos amis du maquis
Ce sont ceux du maquis
Ceux de la résistance
Ce sont ceux du maquis
Combattant pour la France
Bravant le froid, bravant la faim
Défiant l'horrible esclavage
Bravant Laval, bravant ses chiens
Sans jamais perdre courage
{au Refrain}
Dès le jour du débarquement
Dès l'aurore de la victoire
Ils ont frappé les Allemands
En plein jour, en pleine gloire
Se joignant à tous leurs amis
Nos amis du maquis
Ce sont ceux du maquis
Ceux de la Résistance
Ce sont les F.F.I.
C'est l'armée de la France
Contre nazis et miliciens
Sans discours et sans bravade
Se battant dur, se battant bien
Des forêts aux barricades
{au Refrain}
La chanson de Craonne Paroles recueillies par
Paul Vaillant-Couturier (1917) Sur l'air de "Bonsoir
m'amour" de Gorges Sablon
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Une des plus célèbres chansons composées
par les poilus au cours des mutineries de 1917. L'offensive de Nivelle s'était
terminée par un massacre au Chemin de dames avec 147.000 tués et 100.000 blessés
en deux semaines... Le moral était au plus bas, et certains régiments refusèrent
de monter en ligne. Des mutineries sont constatées dans près de soixante
divisions, sur les cent que comptaient l'armée française. Pétain est appelé pour
rétablir la situation, et il réprima sévèrement les refus d'obéissance. Il y eut
plus de 500 condamnations à mort, mais beaucoup moins furent exécutées...
Cette chanson fut bien sûr interdite, et
on promit même une récompense à celui qui dénoncerait son auteur: un million de
franc-or et la démobilisation immédiate! Mais aucun poilu n'eût la lâcheté de
dénoncer un camarade, ce qui prouve qu'au milieu de tant de détresse et de
désespoir, la solidarité n'était pas un vain mot.
Quand au bout
de huit jours le repos terminé On va reprendre les tranchées, Notre place est si utile Que sans nous on prend la pile, Mais c'est fini on en a assez Personne ne veut plus marcher, Et le cœur bien gros comm' dans un
sanglot On dit adieu aux civ'lots, Même sans tambours, même sans trompettes On s'en va là-haut, en baissant la tête.
Refrain : Adieu la vie, adieu l'amour, Adieu toutes les femmes C'est bien fini, c'est pour toujours, De cette guerre infâme, C'est à Craonne, sur le plateau Qu'on doit laisser sa peau, Car nous sommes tous condamnés, Nous sommes les sacrifiés.
Huit jours de tranchées, huit jours
de souffrances, Pourtant on a l'espérance, Que ce soir viendra la relève Que nous attendons sans trêve. Soudain dans la nuit et dans le silence On voit quelqu'un qui s'avance, C'est un officier chasseur à pied Qui vient pour nous remplacer. Doucement dans l'ombre sous la pluie qui
tombe, Les petits chasseurs vont chercher leur
tombe.
C'est malheureux de voir sur les
grands boulevards Tous ces gros qui font la foire Si, pour eux la vie est rose, Pour nous c'est pas la même chose. Au lieu de s'cacher, tous sont embusqués Feraient mieux d'monter aux tranchées Pour défendre leur bien car nous n'avons
rien Nous autres, les pauvres purotins Tous les camarades sont enterrés là pour défendre les biens de ces messieurs
là.
Dernier refrain: Ceux qu'on l'pognon, ceux-là r'viendront Car c'est pour eux qu'on crève. Mais c'est fini, car les troufions Vont tous se mettre en grève. Ce s'ra votre tour, messieurs les gros De monter sur l'plateau: Car si vous voulez la guerre Payez-là de votre peau!
Chanson de Craonne
Gabriel Péri
Louis ARAGON
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Poèmes sur Gabriel Péri
Par Louis Aragon. Honoré d’Estienne d’Orves est « celui qui croyait au ciel »,
Gabriel Péri « celui qui n’y croyait pas »; Gabriel Péri n'est par contre pas
enterré au cimetière d'Ivry.
Légende de Gabriel Péri
C'est au cimetière d'Ivry
Qu'au fond de la fosse commune
Dans 1'anonyme nuit sans lune
Repose Gabriel Péri
Pourtant le martyr dans sa tombe
Trouble encore ses assassins
Miracle se peut aux lieux saints
Où les larmes du peuple tombent
Dans le cimetière d'Ivry
Ils croyaient sous d'autres victimes
Le crime conjurant le crime
Etouffer Gabriel Péri
Le bourreau se sent malhabile
Devant une trace de sang
Pour en écarter les passants
Ils ont mis des gardes mobiles
Dans le cimetière d'Ivry
La douleur viendra les mains vides
Ainsi nos maîtres en décident
Par peur de Gabriel Péri
L'ombre est toujours accusatrice
Où dorment des morts fabuleux
Ici des hortensias bleus
Inexplicablement fleurissent
Dans le cimetière d'Ivry
Dont on a beau fermer les portes
Quelqu'un chaque nuit les apporte
Et fleurit Gabriel Péri
Un peu de ciel sur le silence
Le soleil est beau quand il pleut
Le souvenir a les yeux bleus
A qui mourut par violence
Dans le cimetière d'Ivry
Les bouquets lourds de nos malheurs
Ont les plus légères couleurs
Pour plaire à Gabriel Péri
Ah dans leurs pétales renaissent
Le pays clair où il est né
Et la mer Méditerranée
Et le Toulon de sa jeunesse
Dans le cimetière d'Ivry
Les bouquets disent cet amour
Engendré dans le petit jour
Où périt Gabriel Péri
Redoutez les morts exemplaires
Tyrans qui massacrez en vain
Elles sont un terrible vin
Pour un peuple et pour sa colère
Dans le cimetière d'Ivry
Quoi qu'on fasse et quoi qu'on efface
Le vent qui passe aux gens qui passent
Dit un nom Gabriel Péri
Vous souvient il
ô fusilleurs
Comme il chantait dans le matin
Allez c'est un feu mal éteint
Il couve ici mais brûle ailleurs
Dans le cimetière d'Ivry
Il chante encore il chante encore
Il y aura d'autres aurores
Et d'autres Gabriel Péri
La lumière aujourd'hui comme hier
C'est qui la porte que l'on tue
Et les porteurs se substituent
Mais rien n'altère la lumière
Dans le cimetière d'Ivry
Sous la terre d'indifférence
Il bat encore pour la France
Le cœur de Gabriel Péri
Louis Aragon
La Poésie engagée
pendant la guerre
1939-1945
Kevin et Lauriane
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Bonjour à vous qui aimez la poésie.
Voici un site web organisé dans le cadre d'un TPE de Première Littéraire et
qui est centré sur la poésie engagée pendant la guerre 1939-1945.
Pour toi, peut-on concilier poésie et
engagement ? C'est de cette problématique que nous sommes parti... Et que
nous avons avancé car notre point de vue aujourd'hui n'est plus totalement
comme celui que nous avions au mois de Septembre.
C'est peut-être cela le but des TPE :
nous apprendre à penser par nous même en recherchant. En tout cas, c'est ce
que nous avons décidé de vous faire faire. Avancez dans ce site étapes par
étapes, et vous avancerez en même temps dans notre réflexion. C'est parti !
Site proposé
par Kevin et Lauriane. Merci de respecter notre travail.
Opposée au régime nazi,
Marlène Dietrich sera longtemps très proche de son
cinéaste-Pygmalion, Josef Von Sternberg, qui est juif. Ses
relations avec le pouvoir allemand devenant de plus en plus
tendues, elle rompt peu à peu les liens qui l'attachent à
l'Allemagne, et elle devient citoyenne des États-Unis d'Amérique
le 6 mars 1937.
Anti - nazie fervente,
elle chante pour les troupes américaines et britanniques
stationnées au Royaume-Uni, puis les suit en France pendant la
campagne de libération. À la libération de Paris, elle retrouve
Jean Gabin, qui fut son amant, et qui participait à la campagne
en tant que chef de char au 2e
escadron du régiment blindé de fusiliers marins.
Dans les Modèle : Années
1950, elle fut une des victimes du maccarthisme et inscrite sur
la liste noire du cinéma.
Sur le front
ouest en 1944
Chant des
Adieux
Paroles: Père
Jacques SEVIN. Musique: Musique traditionnelle écossaise
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Chant des adieux
- 1 -
Faut-il nous quitter sans espoir
Sans espoir de retour
Faut-il nous quitter sans espoir
De nous revoir un jour ?
Refrain Ce n'est qu'un au revoir, mes frères,
Ce n'est qu'un au revoir
Oui nous nous reverrons, mes frères,
Ce n'est qu'un au revoir.
- 2 -
Formons de nos mains qui s'enlacent
Au déclin de ce jour
Formons de nos mains qui s'enlacent
Une chaîne d'amour.
- 3 -
Unis par cette douce chaîne
Tous, en ce même lieu,
Unis par cette douce chaîne
Ne faisons point d'adieu.
- 4 -
Car Dieu qui nous voit tous ensemble
Et qui va nous bénir,
Car Dieu qui nous voit tous ensemble
Saura nous réunir.
Scouts et Guides de France.
Chant d'un
Patriote
Félix LECLERC
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Demain je
pars pour la guerre
Avec mon grand chien qui aboie
Des cailloux pleins ma gibecière
Et à mon côté gauche le droit.
Je vais tuer
sa majesté
Qui dit m’attendre, qui dit m’aimer
Cent fois par jour elle me trahit
On doit mourir quand on trahit
Je suis seul
de mon équipage :
Les gens d’ici sont peu violents.
Parce qu’ils ont viande sous la dent
Et ventre plein n’a pas de rage.
J’ai dans mon
sac 45 tours
Chansons, lacets, magie, vautour
Je me prépare à cette guerre
Depuis l’esclavage de mon père
Mes généraux
sont des rivières
Et mon état-major le vent
C’est lui qui me tient au courant
Des mauvais coups qu’on va me faire
Majesté je suis
devant vous
Sujet sans terre et sans abris
Vos étrangers nous ont tout pris
J’ai l’arme au point défendez-vous
Avant d’atteindre
la colline
Avant de crier feu vas-y
On m’aura fait plier l’échine
Je suis un pou dans ce pays
En même temps je
suis un géant
Qui a bâti, géants soumis
Qui a dormi et dort encore
Pourtant, pourtant il est midi
Et si demain,
mains dans les fers
Vous me rejetez à l’exil
Quelqu’un viendra finir ma guerre
Peut-être vot’ fils ainsi soit-il
Quelqu’un viendra
gagner ma guerre
Peut-être vot’ fils
Ainsi faut-il
Voici les
voeux de notre doyenne Mathilde FILLOZ, d'Orange (après Camille bien sûr)
qui aura 99 ans en juillet prochain.
Ses poèmes
sont toujours d'actualité.
ILANA !
Tendre
source d’amour, Ilana, la merveille !
De Cagnan la princesse apparue
au printemps
Quand
la rose fleurit et frissonne à l’autan.
Un siècle nous sépare et chacun
s’émerveille !
On
attend excité que le bébé s’éveille.
Ses yeux, d’un
bleu profond, séduisent à l’instant.
Mimant
joie ou refus explique en s’agitant,
Comprise par Maman qui sans cesse surveille !
Ses jouets préférés : Pantin,
ballon, couleurs.
Une
douce musique et la voilà en pleurs !
Sensible et émotive, elle veut des caresses…
Je n’aurai pas le temps de te
prendre la main
Tous les jours je te
vois. Echange de tendresses…
Je te passe un flambeau que je lâche demain !
Ton
arrière- grand-mère*
Mathilde
Filloz (99 ans)
Brigades
internationales
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POUR
UN AVENIR MEILLEUR !
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" Ah
les jolis mots que les promesses
Que
l’on se murmure un soir d’ivresse"
Disait
la chanson !
Mais
aux promesses de Sarkozy On n’y croit plus !
Deux
mil onze, an nouveau. Je vous offre mes vœux !
Darcos
et Woerth, tous deux durant l’an deux mil dix
Pour
vous, plein de bonheur, des œillets et des roses !
Ont
marqué le pas. Sarkozy les réassigne…
Mais
ces jours sont si lourds et les temps si moroses
Ce conflit colossal sera
son chant du cygne !
Qui
menacent l’emploi. Que de projets douteux
On
pourra lui chanter un grand De Profundis !
Après
trois ans huit mois Sarko sévit encor.
Ce
système pourri, soumis aux financiers
Il
reste quinze mois à subir sa férule.
Croule
en déliquescence et c’est la barbarie !
Président
d’un pays qui tourne en Home Rule (1)
Ils
bloquent les poids lourds qui vont aux laiteries !
Avec
sa coterie il bat des
records !
Tel
fut le plan neigeux des patrons policiers !
En
trois ans c’est déjà le retour à l’Otan …
Pendant
que par millions des nourrissons ont faim,
La
guerre d’Afghanistan, danger pour la France !
Le lait si précieux ira
dans la rigole !
Notre
pays revient en stricte dépendance.
Attendrons-nous
longtemps pour que tout dégringole,
Qui
nous a conduits aux conflits des Balkans !
Avant de les chasser pour
faute grave ? Enfin !
Le
scandale des ‘vaccins’ suivis du « médiator, «
Les
acquis sociaux repris cyniquement,
Posent
des questions. Motus et bouches cousues.
Font un triste bilan qui
enrichit le riche,
Saura-t-on
jamais les noms des corrompus ?
Et
appauvrit le pauvre. Mais le pouvoir s’en fiche !
Qui
fourrent les dossiers au fond du coffre- fort !
Il
casse et détruit tout très méthodiquement !
Il fête ses cent ans le
code du Travail.
Nonobstant
tout cela et ce qui nous attend,
Ses
droits acquis, jadis, au prix du sang, des larmes !…
Je
vous souhaite à tous, malgré ce qui m’oppresse,
Mais
sonne l’hallali, la menace des armes.
La
Paix, l’amour, la joie et santé et tendresse !
Peu
lui en chaut, au roi ! Il chasse le bétail !
Que
l’an qui vient prépare un merveilleux printemps !
(1)
Régime où le pouvoir est séparé du gouvernement
Des Alpes-Maritimes, un de nos
doyens, Edouard Meunier (91 ans) nous a adressé un petit poème et
c’est avec un grand plaisir que nous le publions. Merci camarade, avec nos
affectueuses salutations.
Edouard Meunier,
(91 ans)
Des
Milliers de Larmes, Caroline J et Alain Grimbert