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Pierre Lhomme de l'IHS

 Intervention de Pierre LHOMME pour l'I.H.S.

........Salutations....

       Libé PTT et notre Institut, nous l’avons déjà dit, sont tout à fait complémentaires. Nous écrivons actuellement l’histoire de la Fédération CGT des PTT, de 1946 à 1981. Pour planter le décor, nous revenons un peu sur les années 1943, 44, 45, et nous puisons tout naturellement dans les différents écrits de Libé PTT.

         Nous avons les mêmes objectifs : Faire vivre le passé, et chercher dans ce passé tout ce qui peut être utile au présent. Si nous ne travaillions pas à préserver ce passé, d’autres se chargeraient de le faire ...à leur façon !

         Comment ne pas avoir envie de vomir à la lecture de deux historiens, mais méritent ils cette appellation, Jean Marc Berliere et Franck Liaigre, qui tentent de souiller, à travers Guy Mocquet, l’image de la résistance ? Selon eux, le Parti Communiste Français aurait mis en avant Guy Mocquet pour inventer une résistance communiste de première heure !

         Ou encore, alors que sort sur nos écrans l’histoire de la rafle du Vel d’Hiv,  lorsque d’autres se livrent à une propagande nauséabonde contre la résistance, et veulent à nouveau salir la SNCF, et donc les cheminots, qui auraient quasiment collaborés à la déportation !

         Ils veulent casser ce qu’ils appellent « le mythe de la résistance » !

        Notre activité, Libé PTT, IHS, est donc plus que jamais nécessaire, indispensable, nous devons sauvegarder la vérité dans toutes ses dimensions, et garder une oreille attentive en permanence, y compris sur l’utilisation et la signification des mots.

         Sur cet aspect, je voudrais vous dire comment, personnellement, j’ai été traumatisé à vie par l’utilisation du mot « terroriste ».

         Mon père était résistant. Pris dans une rafle, il a été tué à Beaune, en juin 1944, le jour du débarquement. J’avais 6 ans. A cet âge là, on ne garde de l’histoire que des flashs. J’ai en mémoire, en rentrant de l’école, tous ces allemands, vociférant dans la cour de chez moi, fouillant partout. Dans les années qui ont suivi, pour moi, mon père était un héros. Il était mort en défendant la France. Son nom était gravé sur le monument aux morts.  J’étais pupille de la nation. Et puis un jour, bien plus tard, j’ai trouvé copie d’un courrier par lequel ma mère demandait la restitution de l’argent volé par les allemands, et la réponse de la Feldkommandatur de Dijon, disant qu’ils ne donneraient pas suite parce que mon père était un terroriste. Je tombais de haut : Mon père, un héros, était devenu un terroriste !

         Depuis, à chaque fois que j’entends le mot terroriste, j’essaie de comprendre, de discerner. Le terrorisme, cela existe, et je ne veux pas en faire l’apologie, mais j’ai constaté que tout ceux qui luttent pour l’indépendance, la liberté de leur pays, sont la plupart du temps qualifiés de terroriste. Les indochinois, qui luttaient contre l’occupation française, étaient des terroristes. Idem pour les Algériens, des bandits, des terroristes. Fidel Castro et ses guérilleros étaient des terroristes. Comme les palestiniens, et comme mon père !

         L’histoire peut nous apprendre à comprendre l’importance qu’il faut apporter à l’usage des mots.

          Eh bien chers amis, chers camarades, je veux vous dire que je suis fier d’être le fils de ce terroriste là.

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