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Né le 16 juin 1896 à Dôle (Jura)
Décédé le 30 janvier 1980 à Dôle (Jura)
Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale
Constituante (Jura)
Député du Jura de 1946 à 1958
André Barthélémy naît le 16 juin 1896 à Dôle (Jura),
dans une famille d'origine paysanne. Il suit le cursus scolaire
jusqu'au brevet élémentaire et au certificat d'études primaires
supérieures, puis entre dans les P.T.T. Sa carrière, qui le
mènera au grade d'inspecteur, le conduira successivement à
Paris, Lille, Lyon, Dôle, Guingamp, Carpentras et Morteau. Il
sera, de 1921 à 1925, secrétaire régional du Syndicat unitaire
des P.T.T. de Lyon (Rhône).
Mobilisé en 1914 dans l'infanterie, puis dans
l'artillerie de campagne, il est gazé dans l'Aisne et évacué sur
un hôpital de Nantes (Loire-Atlantique), en août 1918.
En 1925, André Barthélémy s'inscrit au Parti
communiste, et milite activement dans les mouvements coopératif,
syndical et sportif du Jura, créant notamment la section des «
Amis de la nature » dont il sera président.
Assigné en résidence surveillée en Bretagne en mai
1940, André Barthélémy rejoint la Résistance dans le Vaucluse,
en 1942 (F.F.I.). Il participe, en août 1944, à la libération de
Morteau et est membre du Comité de Libération du Jura. Après la
Libération, il est nommé directeur du Centre d'accueil aux
déportés et prisonniers établi à Dôle en 1945 et 1946, et est en
outre élu, en 1945, conseiller général du Jura (canton de Dôle,
1945-1951), puis, en 1947, conseiller municipal de Dôle.
A la tête de la liste communiste dans le Jura en 1945,
André Barthélémy est élu, le 21 octobre, député de ce
département à la première Assemblée nationale Constituante, avec
31 617 voix pour la liste, sur 107 966 suffrages exprimés. Ses
compétences professionnelles l'amènent à siéger dans la
Commission des moyens de communication et des P.T.T. Il est en
outre nommé juré à la Haute Cour de justice.
Se présentant toujours comme tête de liste communiste,
André Barthélémy est réélu, le 2 juin 1946, député du Jura à la
seconde Assemblée nationale Constituante (avec 29 038 voix pour
la liste, sur 110 493 suffrages exprimés). A l'Assemblée, il est
à nouveau nommé à la Commission des moyens de communication et
des P.T.T. Il participe notamment à la discussion du projet de
loi sur l'amélioration de la situation des personnels de l'Etat
en activité ou en retraite, projet sur lequel il dépose un
amendement relatif aux fonctionnaires des Postes. Il intervient
en outre lors de la discussion sur les textes relatifs au statut
général des fonctionnaires.
André Barthélémy, à la tête de la liste du Parti
communiste et de l'Union républicaine et résistante, est à
nouveau réélu député du Jura pour la première législature, le 10
novembre 1946, la liste recueillant 27 988 voix sur 105 039
suffrages exprimés. Il est nommé membre de plusieurs commissions
parlementaires : moyens de communication et tourisme (1946,
1948, 1949, 1950, et 1951), suffrage universel, règlement et
pétitions (1947), territoires d'outre-mer (1951) et, Commission
de la réforme administrative (1947). Il est en outre membre
suppléant du Conseil supérieur de la magistrature (1947) et, au
nom de la Commission des territoires d'outre-mer, membre du
conseil de surveillance de la Caisse centrale de la France
d'outre-mer (1951). Enfin, en 1947, il est nommé juge titulaire
de la Haute Cour de justice.
Député particulièrement actif, André Barthélémy dépose
plus de 50 propositions de loi et de résolution, relatives
notamment aux problèmes des P.T.T. et à ceux du département du
Jura (développement d'un tourisme populaire, protection des
industries pipière et horlogère et de celle de la taille du
diamant, lutte contre les parasites des forêts). Le 9 mars 1949,
il dépose une proposition de résolution pour l'octroi d'une
subvention gouvernementale annuelle de 300 000 F. pour
l'entretien des maisons natale et familiale de Louis Pasteur,
transformées en musées, à Dôle et à Arbois (Jura). André
Barthélémy intervient en outre à de très nombreuses reprises
dans les discussions parlementaires sur les mêmes problèmes.
Très intéressé par les questions relatives à la
politique des transports, André Barthélémy revient sur
celles-ci, dans la séance du 28 avril 1950, à propos de
l'accident ferroviaire survenu, le 21 octobre précédent, à
Salins-les-Bains (Jura). Suivant les votes de son groupe, André
Barthélémy soutient les candidatures de Maurice Thorez (4
décembre 1946), puis de Léon Blum (12 décembre 1946) au poste de
président du gouvernement provisoire de la République française.
Lors de la crise du 4 mai 1947, il vote contre la question de
confiance au Gouvernement Ramadier, scrutin à la suite duquel le
président du Conseil se sépare des ministres communistes. Cette
même année, André Barthélémy s'abstient lors du vote du statut
de l'Algérie (27 août). Il soutient, le 15 mai 1948, la
nationalisation des écoles des houillères, mais s'oppose (7
juillet 1948) au Plan Marshall, tout comme au statut du Conseil
de l'Europe (9 juillet 1949).
André Barthélémy se présente à nouveau aux élections
législatives du 17 juin 1951, toujours à la tête de la liste
communiste, et est réélu député du Jura, avec 20 267 voix sur
102 634 suffrages exprimés. Il insistait notamment, dans ses
engagements électoraux, sur la mauvaise situation économique du
département, confronté à la crise de ses activités industrielles
traditionnelles. Il est nommé membre de la Commission des moyens
de communication et du tourisme (1951, 1953, 1954 et 1955) et de
la Commission des territoires d'outre-mer (1951), et est en
outre juge suppléant à la Haute Cour de justice (1951). Toujours
très actif, il dépose à nouveau un grand nombre de propositions
de loi et de résolution relatives notamment à la situation de
l'administration et des fonctionnaires des P.T.T. et à celle du
département du Jura. Ses positions lors des principaux scrutins
correspondent à la ligne suivie par le Parti communiste : il
vote pour la question préalable, vote équivalant au rejet du
traité de Paris instituant la C.E.D. (30 août 1954), contre le
cabinet Mendès-France (5 février 1955), contre l'état d'urgence
en Algérie (31 mars 1955), et contre la confiance à Edgar Faure
(29 novembre 1955).
Le 2 janvier 1956, André Barthélémy, désormais en
retraite de l'administration des P.T.T., est réélu député du
Jura, toujours à la tête de la liste communiste, avec 21 655
voix sur 111 459 suffrages exprimés. Il est nommé membre de la
Commission des moyens de communication et du tourisme (1956,
1957), membre suppléant de la Commission des finances (1957) et
juge suppléant à la Haute Cour de justice constitutionnelle
(1956).
A l'occasion des principaux votes, il s'oppose à la
politique générale du gouvernement (notamment à Suez et en
Algérie), le 25 octobre 1956, et vote contre la loi-cadre sur
l'Algérie (30 septembre 1957), scrutin entraînant la chute du
gouvernement Bourgès-Maunoury. S'étant abstenu lors du vote du
13 mai 1958 sur la confiance à Pierre Pflimlin, André Barthélémy
vote pour la proclamation de l'état d'urgence (16 mai) et pour
la révision constitutionnelle (27 mai), mais contre la confiance
au général de Gaulle (1er juin) et contre l'octroi des pleins
pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin 1958).
André Barthélémy a été notamment directeur de
l'Etincelle du Jura et de la Voix Jurassienne. Il avait épousé à
Laon (Aisne), le 26 janvier 1921, Melle Angèle Divry, dont il a
eu quatre enfants.
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