
13 juin 2007
![]()
Chers Camarades, chers amis, 
« Libération Nationale PTT », fête aujourd’hui ses 60 ans d’existence. Pour commémorer cet anniversaire, nous sommes accueillis dans la salle qui porte le nom de notre camarade Georges Frischmann, par la direction fédérale de la FAPT - CGT et par sa Secrétaire générale Colette Duynslaeger et nous les en remercions chaleureusement. Cet accueil fraternel qui nous est réservé, se comprend aussi en raison des liens historiques qui existent entre « Libération Nationale PTT » et la Fédération CGT des PTT. Il ne faut pas oublier que l’association a été créée en 1947 par des militants de la CGT. Des militants, qui dès la fin de la guerre, furent portés à la direction de la Fédération Postale réunifiée, issue du Congrès de Limoges en septembre 1945. C’est un des Résistants de la première heure, Fernand Piccot, qui en deviendra le Secrétaire général. Voilà pourquoi nous rappelons toujours que les liens entre l’association et la Fédération sont très étroits et que la coopération entre nos deux organisations est sans faille, pour défendre les valeurs forgées dans la Résistance.
Au cours de cette intervention liminaire, je vais essayer de présenter « Libé PTT », ses origines, sa place dans le monde des anciens combattants de la Résistance. Cependant, comme l’indique l’éditorial de Michel DELUGIN dans le Bulletin spécial que nous venons de vous remettre, cette commémoration ne sera pas tournée seulement vers le passé, vers le souvenir de camarades qui ont tant donné, parfois la vie même, pour la liberté. Elle sera aussi et surtout dirigée vers l’avenir. En effet, notre affirmation claire et sans appel de pérenniser l’existence de notre association implique que nous soyons en capacité de poursuivre les objectifs que nos camarades s’assignaient en 1947.
Je vais tout d’abord répondre à une question qui nous est souvent posée. À quel moment le mouvement « Libération Nationale PTT » s’est-il constitué ?.
Des historiens avancent la date de 1944. Je pense qu’il faut revenir au départ de ce qui fut un mouvement de résistance issu des premiers groupes qui s’organisèrent dès juin 1940 à l’appel de Benoît Frachon, les « Comités Populaires ». Ils furent rattachés un peu plus tard au Front National, le véritable, lui-même créé en mai 1941. Dans ce mouvement de Résistance on retrouvait les militants de la fédération postale unitaire (CGT-U), tous des syndicalistes, des antifascistes habitués aux luttes syndicales et politiques d’avant-guerre et qui s’engagèrent résolument dès le début contre l’occupant et le gouvernement de Vichy. Au tout début donc, il y eut l’Etat-major National, organisation qui au fil des mois se renforce dans tout le pays. En Ile de France ce fut ce que l’on a appelé l’Interbranche n°4.
La préparation de l’insurrection et la Libération en 1944 à Paris et en province réunirent, de toute évidence, les divers mouvements de Résistance dans celui de « Libération Nationale des PTT ». C’est ce que les fondateurs de l’association ont rappelé dans les statuts adoptés en mars-avril 1947. « Libération Nationale des PTT » résulte de la fusion des mouvements de Résistance suivants : Front National des PTT, Francs-tireurs et Partisans Français des PTT, Comités populaires de la CGT clandestine, Milices Patriotiques des PTT.
L’association s’est constituée pour rassembler sans faire de distinction politique ou religieuse, tous les agents des PTT qui ont combattu sous le contrôle d’un mouvement quelconque de résistance reconnu, ou qui, à titre individuel, ont accompli des actions résistantes durant l’occupation ou lors des combats de la Libération. Son but était de faire valoir le titre et les droits d’anciens combattants FTPF des PTT, de défendre les intérêts des résistants des PTT et de leur famille et aussi de faire connaître l’histoire des résistants de Libération PTT, leurs faits d’armes, leur esprit de sacrifice et d’abnégation.
Cette toute nouvelle association s’est donnée une direction appelée Comité national de 30 membres et il faut noter que près du tiers de ces membres sont de province. Ce Comité national va élire un bureau de huit membres dont nous rappelons la composition :
· président Henri GOURDEAUX
· vice-président Fernand PICCOT
· secrétaire général Emmanuel FLEURY
· secrétaire général adjoint Maurice GASTAUD
· trésorier Camille TREBOSC
· trésorier adjoint Suzanne AURIBAULT
· secrétaire administratif André GUET
· secrétaire administratif adjoint René BLONDEL
À sa création, en 1947, « Libération Nationale des PTT » est affiliée à l’association des « Anciens Francs-Tireurs et Partisans Français », jusqu’à ce qu’elle devienne une des composante de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (A.N.A.C.R.) qui se constitue en 1954, au Congrès de Limoges. Largement ouverte à tous les Résistants, depuis maintenant plus de 50 ans elle a montré sa capacité d’action et une autorité indiscutable grâce au caractère pluraliste donné par ses fondateurs.
Ce pluralisme a permis à l’ANACR de surmonter bien des difficultés tout au long de ses 53 ans d’existence. Soixante deux ans après la fin de la Guerre, l’A.N.A.C.R. rassemble encore tous les courants de pensée et le plus grand nombre de résistants, ce qui lui vaut d’être, et de loin, l’association la plus représentative de ce que fut la Résistance dans sa diversité. Ce principe fondateur de l’A.N.A.C.R. l’est aussi pour l’Association des Ami(e)s de la Résistance ANACR et figure dans plusieurs articles de ses statuts adoptés en 2003.
Il en est de même pour « Libération Nationale PTT » qui dans ses statuts initiaux rassemblait sans faire de distinction politique ou religieuse les fonctionnaires ou auxiliaires des PTT résistants. En janvier dernier, notre assemblée générale a adopté de nouveaux statuts et concernant le pluralisme, l’article 2 stipule que l’association : « Rassemble de manière pluraliste, sans distinction politique, philosophique ou religieuse les anciens résistants ayant appartenu à l’administration des PTT et les personnels actifs ou retraités du secteur des activités postales ou de télécommunications, désireux de contribuer à perpétuer l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, de la Résistance et de la Déportation".
« Libération Nationale PTT » s’est affiliée à l’A.N.A.C.R. sans doute dans les mois qui suivirent le Congrès constitutif de Limoges. Ses statuts furent modifiés en conséquence à l’Assemblée générale de 1957. Depuis cette date le sigle ANACR est ajouté à « Libération Nationale PTT ». Et depuis 60 ans, cette association existe toujours. Certes, elle s’est renouvelé et elle est bien sûr différente tout au moins dans son mode de fonctionnement mais elle continue d’occuper une place importante dans le monde des Anciens combattants et de l’A.N.A.C.R. et aussi dans le travail de mémoire qu’elle s’assigne pour parler de la Résistance dans notre corporation.
Evoquer la naissance de l’association en 1947 m’amène à souligner, en dehors de la défense des intérêts moraux et matériels des adhérents et de leurs ayants-droits, ce qui va de soi, deux préoccupations essentielles des fondateurs de « Libération Nationale PTT » :
·Premièrement, l’unité de tous les résistants des PTT,
·Deuxièmement, l’écriture de cette glorieuse épopée, cette histoire de la lutte contre l’occupant. On verra que cette question sera par la suite approfondie et ira dans la recherche des témoignages pour aboutir à différents colloques et à l’écriture d’un livre sur la Résistance dans les PTT.
Il y a soixante ans, c’est donc avec lucidité que les fondateurs de l’association avaient déjà le souci de la transmission pour l’avenir et pour les générations futures des pages glorieuses écrites par les résistants de la corporation des PTT.
S’agissant de l’unité des résistants des PTT, elle est ardemment souhaitée dès la fin de la guerre par ceux-là même qui créèrent l’association. Elle va au-delà des résistants inorganisés, elle s’adresse à l’autre mouvement « Résistance PTT ».
Pour faire court, je rappelle qu’il y eut deux principales organisations de résistance dans les PTT.
- Le réseau « Action PTT » ou « Etat-major-PTT » qui deviendra « Résistance PTT ». Ce mouvement s’est constitué petit à petit au cours de l’année 1941, il était composé principalement de cadres et techniciens de l’Administration Centrale, il agissait au niveau du renseignement et des transmissions. Son type d’organisation était calqué sur la réalité administrative et hiérarchique.
-Libération Nationale des PTT, nous avons vu que son engagement s’inscrit dans une tradition de lutte politico-syndicale qui conjugue les actes individuels de résistance, la propagande et les revendications dans des actions collectives qui iront jusqu’à la grève.
Ces deux organisations eurent bien sûr des contacts durant la Guerre. Ces contacts se sont poursuivis à la Libération entre les responsables de ces deux mouvements.
Par la suite, « la guerre froide » s’installe à l’échelle mondiale et va avoir des conséquences négatives quant à la pérennisation de l’unité réalisée dans la lutte contre le fascisme. Les organisations rassemblant les résistants, les déportés vont, comme d’autres, - et je pense au plan syndical, à la CGT – se diviser, selon les affinités de l’un ou de l’autre camp : d’un côté le « Monde libre » et de l’autre celui de la Paix. Cette division va en France faciliter la réapparition de formations fascistes mais aussi permettre à des gens liés au pétainisme, voire à la collaboration, de revenir au premier plan de la vie politique ou dans des postes de direction de certaines entreprises ou rouages de l’Etat.
Dans le même temps, des poursuites son engagées contre des Résistants pour faits de Résistance. Je pense à Marcel Chadebech ex-Commandant Caron, de Lyon et à Emmanuel Fleury. Concernant ce dernier, Henri Gourdeaux, dans le bulletin n°2 de mai 1947, s’insurge « un double scandale contre lequel tous les Résistants protestent », lorsque Emmanuel Fleury est appelé devant le tribunal militaire de Paris. Pourquoi ? pour avoir eu le courage de s’être évadé en septembre 1940 de la prison de Fort Barraux (dans l’Isère) et s’être mis à la disposition de la Résistance.
L’unité des résistants et l’unité organique souhaitée par notre association, va bien sûr subir le contrecoup de cette situation.
À partir du début des années 60, de nouveaux contacts s’établissent. « Résistance PTT » participe en invitée aux AG de Libé. PTT. En 1967 Fernand Piccot signe un éditorial « Après tant d’années … Enfin des liens se renouent ». L’article figure en bonne place dans le bulletin spécial que nous venons d’éditer. En 1968, à l’assemblée générale de l’association, Fernand Piccot, « regrette que l’unité n’ait pas fait de progrès dans les PTT », et lecture est donnée des lettres d’excuses du président et du secrétaire général de « Résistance PTT » à l’invitation faite d’assister à l’assemblée générale et au banquet fraternel. Le temps fait son œuvre et à la différence de Libération PTT, organisation de masse, le mouvement « Résistance PTT » ayant perdu ses principaux fondateurs, quelques années plus tard va disparaître.
Quant à la deuxième préoccupation de nos aînés, l’écriture de l’histoire et la collecte des témoignages sont aujourd’hui pour nous un patrimoine inestimable. Je pense d’abord au magistral livre de Georges Frischmann, « L’Histoire de la Fédération CGT des PTT » en 1967, qui consacre plus de 100 pages à la Résistance, puis à « La Remontée » d’Emmanuel Fleury, écrit en 1969. Je pense au colloque « Participation des travailleurs des PTT à la Résistance et à la Libération » organisé avec la Fédération CGT des PTT en 1984.
En 1986, sort le livre édité par notre association « La Résistance dans les PTT ». À l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de la Libération, en 1994, une cassette est réalisée par notre association et la Fédération CGT des PTT.
Bien sûr, je n’oublie pas l’excellente exposition itinérante « Le Personnel des PTT dans la Résistance », inaugurée en 1997, et qui d’après nos chiffres comptabilise 10 000 visiteurs.
Dans l’évolution d’une association d’anciens combattants, la question de sa survie ou de sa pérennité si on veut, se pose toujours. Nous venons de voir ce qu’il est advenu de « Résistance PTT ».
À l’Assemblée générale d’octobre 1967, une discussion s’engage et plusieurs camarades présentent leurs avis et suggestions sur la question des « Amis de la Résistance » dans les PTT. Et c’est dans le bulletin du premier trimestre 1968 que Fernand Piccot dans l’éditorial intitulé « Les Amis de la Résistance dans les PTT » annonçait que « cette idée émise depuis plusieurs années avait fait son chemin et quelle a été acceptée par l’Assemblée générale et devient réalité ». Les motivations de cette décision adoptée en assemblée générale montrent bien la lucidité et la responsabilité pour l’avenir et pour l’histoire, des camarades de « Libération Nationale PTT » qui 20 ans après la naissance de l’association donnait les raisons de cette ouverture à des personnes qui n’avaient pas participé à la Résistance :
·la première raison, la plus importante, écrivait Piccot, c’est l’âge des anciens résistants qui disparaissent petit à petit,
·la seconde, après avoir rappelé que « la Résistance a été l’école du civisme, du courage, de la lutte pour la liberté et la démocratie, pour la paix, le programme du CNR en témoigne et reste un but à atteindre », est un appel aux jeunes des PTT, qui « doivent connaître et savoir d’où leur vient ce glorieux héritage. Ils y puiseront – dit encore Piccot – les meilleurs enseignements pour les luttes qu’ils ne manqueront pas d’être obligés de mener pour leur bien-être, la justice sociale, la liberté, la paix ».
Je rappelle que cet article a été écrit en février/mars 1968. Deux mois après ce sont les évènements et les grèves de mai 68. Le recrutement des Amis fut différé et c’est au début de l’année 1969 que nos camarades résistants appellent à nouveau les Amis à renforcer l’association en prenant une carte « Ami ». Toutes les associations d’Anciens Combattants sont confrontées au même problème : s’ouvrir aux générations qui ont suivi celle des résistants, ou disparaître purement et simplement. Cette seconde solution est celle que vient de choisir la C.N.C.V.R. (Confédération Nationale des Combattants Volontaires de la Résistance) qui s’est éteinte en 2004.
Pour ce qui concerne l’A.N.A.C.R. le processus de l’ouverture vers des non-résistants a été commencé à peu près à la même période et c’est au Congrès de Sallanches en 1970 que fut décidé la création d’une carte d’Ami(e) de la Résistance, un processus qui s’est approfondi depuis le Congrès de Perpignan en 1990 lequel décida la création de groupes départementaux d’Ami(e)s, pour aboutir en 2003 à l’Association Nationale des Ami(e)s de la Résistance ANACR, dont nous faisons partie Colette Pallarés et moi-même. Je précise aussi que Camille Trébosc est membre honoraire du Conseil National de l’ANACR et Jean Blanchon membre du Conseil National. Je rappelle pour mémoire, que l’ANACR est composée d’une quarantaine de mouvements, des Comités départementaux ANACR et de « Libération Nationale PTT » l’une des deux associations avec les Guérilleros espagnols.
Notre association avait sans doute anticipé du point de vue des structures et les Ami(e)s étaient depuis longtemps intégrés et élus dans le Bureau National sans distinction avec les Résistants. Ces Ami(e)s prenaient de plus en plus de responsabilités de façon à soulager ceux dont l’âge et la santé rendaient nécessaire une telle décision. Nos statuts, inchangés depuis 1982, n’avaient pas encore été mis à jour et depuis notre dernière Assemblée générale en janvier dernier, c’est chose faite, les Ami(e)s sont statutairement partie intégrante de l’association.
Il faut dire que les acquis de notre travail en commun entre Résistants et Ami(e)s depuis près de 40 ans, sont très précieux. Ces hommes et ces femmes, qui vécurent la période où le peuple français était asservi par l’occupant avec la complicité du gouvernement de Vichy qui prônait lui l’abandon et la collaboration avec l’ennemi, ces hommes et ces femmes ne baissèrent pas les bras, car ils savaient que rien ne s’obtient sans lutte. Ils donnèrent l’exemple dans l’organisation de la résistance à l’ennemi, dans l’organisation des combats pour la libération de la France.
Parmi ces patriotes, il y avaient des postiers et des postières, j’en ai cité quelques uns au début de cette intervention, qui sauvèrent l’honneur de la corporation dont certains responsables préféraient la collaboration « plutôt la servitude que le combat ».
Dans un des bulletins de l’année 1963 on peut lire : Il est du devoir de notre association de faire connaître à la jeune génération les efforts et les sacrifices consentis par leurs aînés au cours des années sombres de l’occupation pour reconquérir la liberté non seulement pour eux mais pour les générations futures.
Notre association a pensé devoir relater dans son bulletin, quelques uns des faits qui témoignent de la participation glorieuse des postiers dans la résistance à l’oppression nazie. Cette participation fut déterminante pour le redressement de la corporation et de son organisation syndicale. Ces témoignages et ces pages d’histoire que nous lisons au fil des années dans les divers bulletins trimestriels de l’association sont d’une très grande richesse et nous mesurons tout l’apport de ce que nous ont légué nos camarades résistants et déportés.
À ce propos, je ne voudrais pas terminer cet exposé sans parler de ces camarades résistants et déportés qui depuis la fin de la guerre sont régulièrement invités dans les écoles, les collèges et les lycées et qui n’ont eu de cesse de témoigner devant la jeunesse de notre pays de ce que fut l’Occupation, la Résistance, les camps de concentration, la barbarie nazie, le fascisme, afin que l’on sache ce que fut et fit le régime nazi et que l’on ne puisse revivre cela.
Suzanne Gatellier-Auribault, qui est à nos côtés à cette tribune, est membre de notre Conseil d’Administration. Résistante, déportée avec son mari, Roger Auribault, qui n’est pas revenu des camps de la mort, elle n’arrête pas de témoigner notamment auprès de la jeunesse. Mais elle se rend aussi en Allemagne, elle l’a écrit dans un de nos bulletins, et j’ai noté cette rencontre avec des jeunes filles allemandes qui veulent savoir, leur parents et grands-parents occultant généralement cette période de l’histoire de leur pays. Peut-être Suzanne dira t-elle quelques mots.
Toujours dans le même ordre d’idée, Camille Trébosc, notre président, avait été interviewé par des étudiantes en 1995 et l’une d’elles lui posa cette question :
· Pensez-vous que les jeunes d’aujourd’hui feraient de la Résistance ?
Et Camille répondit : « J’en suis persuadé. Nous n’avons pas été des surhommes. Nous avons lutté pour notre vie. Vous en feriez autant. Je vous dirai en terminant, si vous ne voulez pas vivre ce que nous avons vécu, luttez avant qu’il ne soit trop tard, ne laissez pas le fascisme s’implanter. Le fascisme est un danger mondial. Soyez des humanistes, acceptez votre semblable, luttez contre le racisme, la xénophobie, soyez vigilants ».
C’est un regard empreint de respect et de reconnaissance que nous portons sur cette glorieuse épopée de la Résistance et de la Libération. Mais nous devons être conscients que c’est surtout sur les Ami(e)s que reposera bientôt la transmission de la mémoire authentique de nos camarades Résistants que nous avons côtoyés et que nous côtoyons encore à Libé PTT, alors que des dangers existent toujours d’avoir ici ou là un discours sur la Résistance aseptisé, qui pourrait être aussi tronqué, voire même falsifié. Mais, le danger toujours présent, des idées d’extrême droite, en France comme en Europe, nous appellent à la vigilance et à mener le combat contre les héritiers de ces idéologies fascistes.
À l’instar des fondateurs de notre association, qui avaient une vision claire des objectifs à long terme qu’ils voulaient donner pour que ces glorieuses pages de notre histoire soit transmises aux futures générations, « Libération Nationale PTT » aujourd’hui peut s’enorgueillir d’avoir tenu fermement le flambeau et d’avoir su prendre les mesures d’organisation, les mesures de formation et d’avoir maintenu les liens de fidélité aux idéaux défendus par nos aînés.
La question que nous devons nous poser aujourd’hui est simple. « Libération Nationale PTT » a-t-elle réussi à transmettre un message suffisamment fort pour susciter de nouvelles adhésions, créer un élan renouvelé parmi les générations d’aujourd’hui, parmi ceux qui sont en fait les héritiers des fondateurs de notre association ?
Je répondrai oui, bien sûr, mais nous ne nous satisfaisons pas du seul maintien régulier de nos effectifs. Nous aspirons à une progression beaucoup plus importante et cette progression ne peut se faire que parmi les plus jeunes, c’est-à-dire les Ami(e)s. Et nous devons aussi fidéliser nos adhérents, souvent notre équipe de la trésorerie est obligée de faire des relances. À la différence des résistants, les « Ami(e)s » ne sont pas rassemblés par un lien aussi fort que celui de la Résistance ou de la Déportation. Donc pour fidéliser nos amis adhérents et avoir une politique volontariste de recrutement, il faut que notre travail de mémoire soit attractif. C’est un enjeu important et cela suppose que l’on cible bien les tâches qui nous incombent pour perpétuer le mouvement de résistance « Libération Nationale PTT ».
En premier lieu, poursuivre la présentation de notre exposition que vous pouvez admirer ici et qui sera également visible demain pour la tenue d’une réunion statutaire de la Fédération. Ensuite continuer le travail de sauvegarde des lieux de mémoire, et principalement des stèles et plaques commémoratives dédiées aux agents des PTT victimes de la barbarie nazie. Jean Blanchon interviendra tout à l’heure sur ce sujet. Enfin, faire connaître auprès des générations suivantes, l’histoire de la Résistance dans les PTT. Notre mission aujourd’hui, c’est de rendre compte fidèlement de cette résistance pluraliste dans une corporation qui, de par la nature de son travail lié directement à la communication et à la transmission, moyens évidemment vitaux dans une guerre, s’est trouvée en situation d’agir et de ce fait, de résister à l’occupant et aussi au gouvernement de Vichy et à ses sbires.
Cette approche pluraliste de la Résistance dans les PTT, nous y travaillons et pour ne citer que trois exemples, nous avons édité une brochure sur « La Source K », c’est-à-dire le réseau de l’Ingénieur Keller et dernièrement un document sur la résistance dans les PTT de la Manche.
Nous avons été à l’initiative de la commémoration, le 13 avril 2005, à France Télécom Recherche et Développement (ex-CNET) du 60ème anniversaire de l’assassinat de Simone Michel-Lévy. Cette héroïne des PTT, arrêtée, torturée, fut pendue le 13 avril 1945 au camp de Flossenburg en Allemagne. Elle était l’une des responsables du mouvement « Résistance PTT ». À titre posthume elle fait partie des 6 femmes « Compagnon de la Libération ».
Nous essayons aussi d’avoir un bulletin trimestriel d’information qui soit le reflet de notre travail de mémoire. Y parvenons-nous ? C’est peut-être l’occasion, de nous dire ce que vous attendez de cette publication. Cette action permanente pour la défense des idéaux de la Résistance, nous essayons de la faire partager et de l’accomplir avec vous. C’est le sens de l’appel à renforcer notre association « Libération Nationale PTT » que je lance au nom de notre Conseil d’Administration. Avec 300 Ami(e)s, nous représentons déjà une force qui compte parmi les associations d’anciens combattants, mais je suis persuadé que nous pouvons faire plus
Nous devons avoir les moyens de nos ambitions, et pour conclure j’invite toutes celles et tous ceux qui ne sont pas encore adhérent(e)s à « Libération Nationale PTT » à nous rejoindre et j’invite aussi celles et ceux qui le sont, à recueillir autour d’eux des nouvelles forces « Ami(e)s pour, comme nous, travailler à la connaissance de cette période exceptionnelle et faire vivre au présent, et pour demain, les valeurs de la Résistance qui sont aussi celles de la République.
Charles SANCET
![]()